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Archive for février, 2005

Notre besoin de consolation est impossible à rassasier

“En ce qui me concerne, je traque la consolation comme le chasseur traque le gibier. Partout où je crois l’apercevoir dans la forêt, je tire. Souvent je n’atteins que le vide mais, une fois de temps en temps, une proie tombe à mes pieds. Et, comme je sais que la consolation ne dure que le temps d’un souffle de vent dans la cime d’un arbre, je me dépêche de m’emparer de ma victime. Qu’ai-je alors entre mes bras ? Puisque je suis solitaire : une femme aimée ou un compagnon de voyage malheureux. Puisque je suis poète : un arc de mots que je ressens de la joie et de l’effroi à bander. Puisque je suis prisonnier : un aperçu soudain de la liberté. Puisque je suis menacé par la mort : un animal vivant et bien chaud, un coeur qui bat de façon sarcastique. Puisque je suis menacé par la mer : un récif de granit bien dur. (…) Personne ne peut énumérer tous les cas où la consolation est une nécessité. Personne ne sait quand tombera le crépuscule et la vie n’est pas un problème qui puisse être résolu en divisant la lumière par l’obscurité et les jours par les nuits, c’est un voyage imprévisible entre des lieux qui n’existent pas. (…). Je peux rester assis devant un feu dans la pièce la moins exposée de toutes au danger et sentir soudain la mort me cerner. Elle se trouve dans le feu, dans tous les objets pointus qui m’entourent, dans le poids du toit et dans la masse des murs, elle se trouve dans l’eau, dans la neige, dans la chaleur et dans mon sang. (…) Je ne possède pas de philosophie dans laquelle je puisse me mouvoir comme le poisson dans l’eau ou l’oiseau dans le ciel. Tout ce que je possède est un duel, et ce duel se livre à chaque minute de ma vie entre les fausses consolations, qui ne font jamais qu’accroître mon impuissance et rendre plus profond mon désespoir, et les vraies qui me mènent vers une libération temporaire. Je devrais peut-être dire la vraie vie car, à la vérité, il n’existe pour moi qu’une seule consolation qui soit réelle, c’est qui me dit que je suis un homme libre, un individu inviolable, un être souverain à l’intérieur de ses limites. Mais la liberté commence par l’esclavage et la souveraineté par la dépendance. (…) Lorsque la dépression arrive finalement, je suis son esclave. Mon plus grand désir est de la retenir, mon plus grand plaisir est de sentir que tout ce que je valais résidait dans ce que je crois avoir perdu : la capacité de créer de la beauté à partir de mon désespoir, de mon dégoût et de mes faiblesses. Avec une joie amère, je désire voir mes maisons tomber en ruine et me voir moi-même enseveli sous la neige de l’oubli. Mais la dépression est une poupée russe et, dans la dernière poupée se trouve un couteau, une lame de rasoir, un poison, une eau profonde et un saut dans le grand trou. Je finis par devenir l’esclave de tous ces instruments de mort. Ils me suivent comme des chiens, à moins que le chien ce ne soit moi. Et il me semble comprendre que le suicide est la seule preuve de la liberté humaine. (…) Mais tout ce qui m’arrive d’important et tout ce qui donne à ma vie son merveilleux contenu : la rencontre avec un être aimé, une caresse sur la peau, une aide au moment critique, le spectacle du clair de lune, une promenade en mer à la voile, la joue que l’on donne à un enfant, le frisson devant la beauté, tout cela se déroule en dehors du temps. (…) Une vie humaine n’est pas une performance, mais quelque chose qui grandit et cherche à atteindre la perfection. Il est absurde de prétendre que l’homme soit fait pour autre chose que pour vivre (…) L’important est qu’il fasse ce qu’il fait en toute liberté et en pleine conscience qu’il est une fin en soi. (…) Où est maintenant la forêt où l’être humain puisse prouver qu’il est possible de vivre en liberté en dehors des formes figées de la société ? Je suis obligée de répondre : nulle part. Si je veux vivre libre, il faut pour l’instant que je le fasse à l’intérieur de ces formes. (…) Telle est ma seule consolation : je sais que les rechutes dans le désespoir seront nombreuses et profondes, mais le souvenir du miracle de la libération me porte comme une aile vers un but qui me donne le vertige : une consolation qui soit plus qu’une consolation et plus grande qu’une philosophie, c’est-à-dire une raison de vivre.”

Extraits de Notre besoin de consolation est impossible à rassasier de Stig Dagerman, (1952). Actes Sud. Le livre ne fait que 10 pages mais elles sont indispensables (ses romans aussi d’ailleurs).

Monster

Je fais la queue, derrière plusieurs personnes, dans le bureau de tabac proche de chez moi. Elle est en fauteuil roulant, il lui manque la moitié d’une jambe. Maquillée outrageusement, une expression haineuse sur le visage, elle tire sur sa cigarette en faisant rouler son fauteuil du trottoir jusqu’aux portes automatiques du bureau, dans des allers-retours continus, ce qui fait que celles-ci ne cessent de s’ouvrir et de se refermer, laissant entrer le froid et la neige. Personne ne dit rien, mais les gens, tout en lui jetant des coups d’œil en douce, s’envoient des regards exprimant leur mécontentement, quelqu’un murmure à la madame du guichet qu’elle a bien du courage de supporter ça. La madame soupire. Je comprends, en voyant une jeune fille la rejoindre, qu’elle l’a envoyé lui acheter ses cigarettes. Elle l’engueule parce qu’elle a choisi la mauvaise marque. D’après le regard de l’autre, on dirait que la marque en question change régulièrement. Ensuite, elle veut un ticket de loterie. La madame du guichet lui donne sans la laisser re-patienter derrière les autres, sans doute pressée de s’en débarrasser. Elle revient encore une fois pour une barre chocolatée, même cirque. Finalement elle s’énerve dans son fauteuil roulant, elle commence à crier à propos du prix du tabac, de l’arnaque de la loterie, etc. et puis finalement, comme je le prévoyais, c’est les gens qu’elle insulte. Qu’ils soient dans le tabac, dans la rue, peu importe, tous y ont droit : ” vous êtes que des connards ! des enculés ! ” Et ça dure. Quand je suis sortie du Tabac, elle était toujours là. Et les gens continuaient à maugréer sans la regarder ni répondre. Parce qu’elle était en fauteuil roulant, ils n’osaient l’attaquer verbalement. Alors, comme les poules, ça glousse tout doucement en battant légèrement des ailes et en piétinant sur place ; ça a peur en fait. Ridicule.

L’an dernier, un matin où je devais passer un concours, j’attendais derrière la file d’attente d’un bureau de tabac parisien. Une mendiante était entrée, déjà assez âgée, toute rabougrie, pour acheter ses cigarettes. Parce qu’elle vivait dans la rue, elle dégageait une odeur assez nauséabonde, et les gens autour de moi faisaient des signes indiquant ostensiblement à quel point c’était insupportable. La madame du guichet lui avait donné son paquet en se pinçant le nez et en disant : ” ça pue et ça vient acheter des cigarettes, pourquoi ça prend pas une douche ? J’vous jure, ces gens là faudrait s’en débarrasser. Vous vous rendez compte de c’que je dois endurer dés le matin ! ” etc. Ils avaient tous abondé dans son sens ” ah oui je vous plains “, ” c’est sûr qu’elle a bien besoin de se laver “, ” je sais pas comment vous supportez ça “. Celle-ci n’avait rien fait, mais c’était tellement plus facile d’attaquer une clocharde qu’une femme en fauteuil roulant. Selon eux sans doute, l’autre n’a pas mérité d’être dans son fauteuil, celle là a mérité d’être dans la rue. C’était il y a un an et pourtant mon sentiment d’indignation est toujours aussi présent.

En dessous de mon appartement, il y a une boîte de nuit homo, spécialisée dans les afters, elle n’ouvre qu’à 5 heures du matin. A l’aurore, j’ai été réveillée par une voix féminine assez jeune qui hurlait. Je ne comprenais pas tout ce qu’elle disait, parce qu’elle avait l’air copieusement bourrée. En gros, ça donnait ” je vais foutre le bordel ! Je vais tous vous réveiller ! Sales tapettes ! Sales enculés ! Sales arabes ! Sales français ! sales hétéros ! ” Enfin bref, j’ai surtout capté que le discours manquait de logique. Au bout de plusieurs longues minutes, les premières fenêtre ont commencé à s’ouvrir. J’étais toujours blottie sous ma couette mais je comprenais sans difficulté la situation et les gens qui lui hurlaient de se taire. Finalement la police est arrivée. J’étais déjà réveillée depuis plus d’une heure et j’ai renoncé à me rendormir, il était presque sept heures. Pendant un petit moment, ils ont essayé de discuter avec elle, en lui demandant ce qui lui arrivait, pourquoi elle dérangeait toute la rue comme ça etc., j’en ai déduit qu’elle ne devait pas être très menaçante, mais elle continuait à répondre en hurlant. Quelqu’un d’une fenêtre a crié : ” faut l’embarquer maintenant la demoiselle ! “. Alors la demoiselle en question s’est mise à pleurer qu’elle, elle voulait juste s’amuser, mais elle était toute seule, la boîte n’avait pas voulu la laisser rentrer, et puis ses amis étaient partis, et son copain était dans la boîte, etc. J’ai entendu la voiture des policiers s’éloigner avec elle.

Le rapport commun entre ces trois faits, c’est ma réaction. Je n’arrive jamais à être indignée ou à leur en vouloir à ces gens là, même dans le premier cas. Je ne rejoins pas la foule dans sa plainte collective, qu’elle soit dissimulée ou clairement exprimée, parce que je comprends que le désespoir rende haineux. Je ne sais pas ce qui lui est arrivée à la dame en fauteuil roulant, je ne connais pas son histoire. Je sais seulement que sa tristesse se lit violemment autant sur son visage que dans ses expressions. Celle du Tabac parisien ne gênait personne, elle est entrée en se cachant presque, toute recroquevillée, et elle aussi je la comprends. Je veux dire, si je vivais dans la rue sans argent, moi aussi je préfèrerais me servir de mes maigres économies pour acheter des clopes plutôt que pour prendre une douche. La propreté c’est aussi une histoire de sociabilité, ça ne s’accorde pas avec l’exclusion. Et la troisième, bah juste un samedi soir qui se termine mal, elle se réveillera avec une bonne gueule de bois en regrettant son passage chez les flics. Je ne sais pas si c’est ma capacité d’empathie qui provoque mon absence de réaction quand tous les autres se plaignent des ” emmerdeurs “. Oui j’ai eu froid dans le bureau de tabac et j’ai eu droit à mon lot de méchancetés, oui l’odeur de la deuxième ne m’a pas échappée, oui je me suis réveillée vers 6 heures du matin c’est-à-dire trois heures après mon endormissement alors que je suis en vacances… et voilà, c’est juste un moment peu agréable dans la journée, je n’éprouve pas pour autant le besoin de râler ou de maudire ces trois personnes. Je suppose que j’ai juste conscience de la fragilité de tout ce qui permet à ma vie de ne pas ressembler à ces existences là. Le ” ces gens-là faudrait s’en débarrasser “, je ne l’ai jamais digéré. Vous savez madame, je connais une idéologie politique qui prônait l’extermination des handicapés, des faibles, des fous, etc., pas vraiment de celles dont l’histoire est fière. Mon sentiment premier c’est que vous tous, qui vous bouchiez le nez, vous sentiez bien plus mauvais que cette clocharde. Ces trois personnes, j’ai envie de les plaindre, j’ai peur de connaître un jour les mêmes sentiments, mais je ne ressens aucune agressivité à leur égard.

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(21.2.05 17:48)
Difficile de juger lorsque l’on ne connait pas tout le dossier; phrase préférée de nos politiques.
Mais c’est certain, jamais tu ne sauras tout. Ce qui a pu motiver les reflexions des uns, les remontrances des autres… Mais bon, il n’empeche que l’on peut s’indigner sur le moment et réagir, non ?

(21.2.05 17:51)
oui et j’ai conscience que je peux avoir l’air nunuche en écrivant ce texte, et je ne sais pas très bien pourquoi moi je ne m’indigne pas. Il n’empêche que si je vois entrer une clocharde, je ne vais pas lui dire qu’elle pue et qu’elle ferait mieux de ne pas exister, question de politesse et de respect humain.

Likely Lad / Site web (21.2.05 18:11)
Chaque jour, nous croisons des êtres humains enchevêtrés dans la notion du capitalisme exacerbé et de la course au profit où l’expression “rapport humain” sonne comme un avatar de fort mauvais goût.
Autant d’individus dont l’apparence est enviable et l’intériorité pathétique.
Ceci n’est pas une réflexion politique ou idéologique. Mais plutôt psychologique ou sociologique.
J’ai souvent constaté que le conformisme social s’accordait étrangement avec les bassesses les plus infâmes. C’est un fait.
Néanmoins, je fais partie de ceux qui conservent une certaine foi, malgré tout, en l’humain et en ce qu’il sait être lorsque des sentiments profonds l’animent.
Sale espoir ? Peut-être.

(21.2.05 18:37)
J’ai un peu le même comportement que toi. Sauf que j’ai tendance à réagir aux réactions des gens en fait, elles me rendent agressive.
Le respect devient rare , c’est dommage et dangereux…

ced / Site web (21.2.05 18:38)
maxy vince> s’indigner de quoi ?
je ne penses pas que ce texte ou toi ai l’air nunuche, c’est plutot une forme d’intelligence de ne pas juger les autres en 5min, d’accepter la (les) différence…

Matieu (21.2.05 19:00)
Belle preuve de tolérance
C’est tout.
Bisou

Sher-kan / Site web (21.2.05 19:28)
Moi c’est le second paragraphe qui m’a le plus choqué,ils parlent d’elle comme si elle n’était pas là,c’est un manque de respect flagrant.Quelle bande de snobes!
Ça peut arriver à tout le monde de devenir sdf.

(21.2.05 19:31)
Ton post n’a rien de nunuche. Tu as le courage d’ecrire tes opinions et tes reactions.
Et le bruit et l’odeur gonflent beaucoup de personnes. Et peut etre que moi aussi, je serais resté indifférent/respectueux face à ces trois personnes. Mais je pense que j’aurais ouvert ma gueule face au cafetier. Mon coté grand gueule, don quichotte face à la connerie humaine sans limite.
Vaste programme.

(21.2.05 19:54)
En tout cas on peut dire que ça suscite des réactions…
Likely Lad : j’ai encore cet espoir aussi, même si je me trouve souvent naïve d’y croire.

Llyn : je ne réagis pas toujours bien non plus, mais je crois que la noirceur des regards que je peux lancer en dit déjà long. Je suis une pro du regard méprisant et agressif.

ced et Mathieu : merci

Sher-kan : bien d’accord avec toi.

Maxy Vince : OK. “Don quichotte” attaquant la connerie humaine, la métaphore est bien trouvée (malheureusement).

(21.2.05 20:00)
Yep. Signe d’espoir ?
Et oui, on peut réagir de plusieurs façons. Y compris par un regard bien noir, orageux.

(22.2.05 01:28)
signe d’espoir peut-être…
Oui, j’imagine que c’est une réaction parmi d’autres, pas forcément la plus courageuse cela dit.

lady muji / Site web (22.2.05 02:43)
j’ouvre ma gueule, sans pitié maintenant. enleve la poutre de ton oeil sale beauf/bourge avant de t’occuper de celle du voisin.
parce qu’ils puent aussi parfois, qu’il y en a souvent qui ne se lavent pas, et qu’eux, ils le choisissent.
GNNNNNNNNNN
(n’empeche, pauvre fille, elle reste dehors alors que son mec rentre, meme pas il resterait avec elle… hahahaha)

Perplexe (22.2.05 03:49)
Lady Muji n’a pas tout à fait tort, quoi que l’agressivité soit quasiment toujours inutile; mais c’est vrai cette est pleine de bons sentiments, bon ton etc; et pour autre remarque inutile, ces textes sont vraiment narcissiques, pour aller mieux, et cesser de tourner autour de son nombril parfois y a que se tourner vers les autres, ça aide à s’oublier soi même, à pas être inutile et donc embellir le monde plutôt que le déparer en se répandant lamentablement par plaisir morbide.

(22.2.05 10:40)
Lady muji : j’aimerais bien avoir ce genre d’attitude, m’enfin j’ose pas. Encore que, je t’ai raconté l’événement récent dans mon Ecole alors peut-être que je suis en train d’évoluer… :p Oui, c’est un peu sordide l’histoire de la fille.

Perplexe : bon, mon premier commentaire négatif, ça ne fait jamais de mal je suppose d’être remis à sa place. Je sens que ma réponse ne servira à rien (d’ailleurs tu ne questionnes pas, tu affirmes) :
1) pour aller mieux il faudrait que j’aille mal et ça va, je passe pas mes journées à montrer mon nombril en me plaignant et en larmoyant. Je ne le fais que sur mon blog.
2) Ce blog c’est le moment où j’ai besoin de faire le point sur moi-même et si je me “répands lamentablement”, c’est parce que l’écriture est un exutoire pour moi. C’est peut-être stupide, mais quand j’écris, je me sens libérée après. Je veux dire que j’exhibe du pathétique pour le dépasser. Besoin d’autant plus vital qu’en dehors d’ici, je suis très réservée et j’écoute beaucoup plus que je ne parle.
3) il me semble que nombre de mes notes parlent tout de même des autres (celle-là contient trois paragraphes qui ne me paraissent pas vraiment centrés exclusivement sur moi).
4) ce blog c’est aussi une sorte de “mémoire écrite” qui me permet ensuite de me souvenir de ce qui m’a marqué à tel ou tel moment, et quand je revois les blogs que j’écris depuis trois ans, je me rends compte à quel point pas mal de choses ont changé.
5) tu ne me connais pas. Je suis la première à avouer que la personne qui écrit ces notes est caricaturale et sombre fréquemment dans le pathétique. Mais c’est juste une facette de ma personnalité, le contenu n’est pas à prendre au premier degré. Il se trouve que j’arrive rarement à écrire tous les moments où je me sens bien, ces moments là je les vis, mais je ne sais pas les retranscrire (j’essaie parfois pourtant, même sur ce blog).
Enfin ta remarque est inutile effectivement dans le sens où j’ai bien essayé par le passé de faire de mes blogs des chroniques ciné ou musique ou des textes fictifs non narcissiques, sauf que je n’y trouve aucun plaisir. Or l’écriture pour moi c’est avant tout un plaisir, même s’il est peut-être morbide, je ne le nie pas. Et pour finir, si mon blog ne te plaît pas, tu n’as qu’à pas le lire, personne ne t’y oblige et la blogosphère est très vaste.

Likely Lad / Site web (22.2.05 15:18)
Franchement, tu écris ce que tu veux sur ton blog.
Tu n’as absolument pas à te justifier : personne n’a à juger du fond ou de la forme de tes écrits.
Les interprétations et les jugements insipides de donneurs de leçons anonymes ne sont que poudre aux yeux, cache misère.
Qu’ils aillent cultiver leur jardin avant de piétiner celui des autres.

Anne / Site web (22.2.05 18:49)
Ah l’intolérance, ça attend juste un petit désagrément pour pointer son nez, comme un bouton de fièvre.
C’est vrai quoi, ça fait peur, des gens comme ça. Peur de devenir comme eux. Peur de ne plus pouvoir se supporter.
Alors pour conjurer le sort et expulser sa peur, on rejette, on cloisonne, on méprise. Tellement plus facile. En plus, on a les bien-pensants avec soi.
L’horreur.
Merci de ton oeil, de ton empathie, de ce qui fait que dans ton récit, c’est la souffrance, la détresse de ces gens qui ressort, encore plus que la mesquinerie ambiante.

Sher-kan / Site web (23.2.05 00:20)
Ralala… Que dire? Moi j’adore ce qu’écrit indécise, pas tout le temps, je me sens moins seul.
Tu sais faire preuve d’autocrique sur ta façon d’écrire indécise,tu as souvent avoué que tes textes étaient un peu naïfs,je me souvient plus exactement du terme.
Critiquer les autres c’est aussi une façon de se critiquer.

(23.2.05 00:58)
Bravo pour ton post,joli message de révolte contre la pensée facile.
Encore que je dois humblement avouer que j’aurais peut être fait une réflexion bien sentie à la dame en fauteuil roulant. D’une part parce que je crois qu’être handicapé, ça ne dispense pas du respect des autres, et d’autres part, se retenir de dire ce qu’on pense à quelqu’un parce qu’il est handicapé, c’est déclarer qu’il n’est pas notre alter ego. Et je suis persuadée que ce ne doit pas être plaisant à éprouver. Ce n’est bien sûr applicable qu’à ce cas là : être désagréable et harceler la jeune fille qui vous achète des clopes, c’est voulu, tandis qu’être sale quand on est SDF, surement pas.
Sinon, je trouve joliment amusant de critiquer l’auteur dans les commentaires d’un post qui traite du respect de l’autre. Notre amie lectrice a peut être un sens de l’humour caché?
En tout cas vive ton blog, et que ceux qui ne l’aime pas aille lire ailleurs…
Pour conclure, je t’offre 2 petits bonbons,ce ne sont pas des quenelles de Voisin, mais bon (Vi vi, je commence à connaître les spécialités lyonnaises ;-))

wefloat / Site web (23.2.05 01:07)
Ah lala…
Jsais pas trop quoi dire à part que j’adore te lire.
bisous ma belle

(23.2.05 13:55)
Likely Lad : c’est réconfortant de se sentir soutenue.

Anne : Je te remercie, sincèrement. je t’embrasse.

Sher-kan : oui, j’ai souvent dit que mon style était naïf et enfantin.

Nanouchka : c’est ce que je voulais dire en disant qu’ils étaient ridicules de ne pas oser lui faire des remarques tout en la critiquant tout bas (celle du fauteuil roulant). C’est sûr qu’elle, elle était vraiment pénible. Mais si tu avais vu son visage et la douleur qui ressortait de son comportement… C’était impossible de ne pas la plaindre. merci pour les bonbons ;-)

wefloat : bisous =)

(25.2.05 15:48)
Bravo !
Pour le sujet, pour le style, pour l’indignation sereine.
C’est étonnant comme la perception du quotidien change en peu de mots, grâce à toi.
(Que se serait-il passé si une personne était descendue parler avec la jeune fille de 6h du matin ?)
Pour les deux premiers fragments : je crois que le pire, à mon sens, n’est pas de ne pas oser faire une remarque, mais de grommeler. Soit on y va (et je ne sais pas si j’aurais eu ce courage), soit on encaisse et on ne se plaint pas. Mais rester là à maugréer, à jouer l’indignation “ma bonne dame” - tous ces gens accepteraient-ils que l’on parle d’eux comme ils ont parlé de la mendiante ?
Je dois être naïf aussi…
Bravo, et merci. Comme souvent quand je viens par ici.

jasmin / Site web (27.2.05 04:07)
J’avais lu ton blog dans son intégralité y a quelques temps … voici le mien, timide et incertain. Heureuses heures …

(28.2.05 02:59)
Tu dois aimer la philosophie stoïcienne toi :-). Jolie note, à plus.

indécise - à l’Ecole / Site web (28.2.05 18:31)
Jarod : merci beaucoup, c’est vraiment gentil. Pour la fille, je sais pas, en y repensant peut-être qu’elle n’attendait que ça en fait. Parce qu’elle était toute seule là devant sans moyen de rentrer chez elle (si j’ai bien compris ce qu’elle disait, son copain avait la clé de l’appart et de la voiture et il était dans la boîte). Etre dans cet état, plantée là à 6 h du mat, c’est pas drôle. M’enfin j’étais occupée à essayer de me rendormir. Je dois avouer que je suis pas du genre à me sacrifier quand même.

Jasmin : bienvenue et bonne continuation

DirtyDog : hum, pas vraiment pourtant, pas du tout même ! ;-)Merci, à plus.

Respect de l’autre / Site web (3.7.05 13:51)
Ahahah, je ris jaune pisse. Cette note est un peu nunuche. Mais les commentaires, ouah, c’est pire! “Je n’arrive jamais à être indignée” et ensuite, tu nous expliques ton indignation face à la réaction des gens. Et comment tous ces commentateurs se permettent-ils de juger positivement ton comportement ? Personne n’a à juger. Juger est interdit, juger est mal.
- Ca parle du respect de l’autre, alors tu critiques pas. Tu te prends ton respect dans la poche, et tu te casses. Tu respectes et tu la fermes.
- Mais oui, mais…
- La ferme, j’ai dit!
- Mais…
- Chut!
- MAIS PUTAIN, TOUT LE MONDE PARLE DU RESPECT DE L’AUTRE. Les buralistes parlent du respect de l’autre. Les handicapés aigris parlent du respect de l’autre. Les politiciens parlent du respect de l’autre. Les mafieux, les chefs d’entreprise véreux, les toxico, les chômeurs, etc. Ceux qui n’ont aucun respect pour les critiques parlent du respect de l’autre. On nous gave du respect de l’autre à en vomir. Les hippies respectent les terroristes et George Bush respecte Ben Laden. Respect !
Ca n’a rien de courageux de parler du respect de l’autre. Ca n’est pas spécial, ça n’est pas brillant, ça n’est pas original. L’Indécise (formidable Indécise) réagit normalement, et tout le monde l’applaudit. On se croirait dans Loft Story.

(3.7.05 14:11)
Mais non, je n’expliquais pas “mon indignation face à la réaction des gens” mais mon INCOMPREHENSION. Eh ouais, tout le monde en parle, est-ce que ça signifie que c’est faux pour autant ?! Sous-prétexte que c’est une valeur morale (le respect d’autrui) et un cliché (dans une société où de respect il n’y a pas, justement), il faudrait ne pas en parler ? J’explique mes sentiments tels que je les reçois, et je ne vais pas m’en priver par peur d’avoir l’air nunuche.

Ca mousse encore beaucoup / Site web (3.7.05 17:04)
Ce qui m’énerve, ce sont certains commentaires, pas ta note. Néanmoins, je n’aime pas le dernier paragraphe. “Je ne rejoins pas la foule dans sa plainte collective” ou encore “c’est ma capacité d’empathie qui provoque mon absence de réaction quand tous les autres se plaignent des ‘emmerdeurs’” : ce que tu écris ne semble pas se focaliser sur ton incompréhension, mais plutôt sur la singularité de ta réaction face à ces situations. Or ça n’a rien de singulier, c’est le discours le plus standard et normal. La réaction “anormale”, condamnable, c’est justement celle de “la foule”. Pour le reste ta note est aussi bonne que les autres, les trois anecdotes sont bien et auraient provoqué chez moi la même réaction que toi.
Ensuite, il y a les commentaires. Trop complaisants, ils te félicient de dire ce qui forme la pensée la plus facilement admise. Cette complaisance, c’est le sommeil. Ton blog, c’est ta rue. Le commentateur Perplexe, c’est la jeune fille bourrée à 6 heures du matin. Les blogueurs, ce sont tes voisins. Et certains lui gueulent de se taire. S’il existait une police des blogs, certains auraient peut-être prévenu les autorités pour faire supprimer ce commentaire “génant” (je déconne, tes commentateurs ne sont pas aussi cons quand même, haha).
“Qu’ils aillent cultiver leur jardin avant de piétiner celui des autres.”
ça me fait penser à :
“Que cette vieille mendiante rabougrie ne vienne pas empester mon magasin.”
Enfin,
“je trouve joliment amusant de critiquer l’auteur dans les commentaires d’un post qui traite du respect de l’autre”
est un commentaire préhistorique. Ca fait bien longtemps que des penseurs ont su montrer qu’on pouvait remettre en cause des soi-disant valeurs “universelle” et critiquer ce qui est “beau”, ce qui est “juste”, ce qui est “bien”. Heureusement.