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Archive for octobre, 2004

les boîtes à souvenirs

Dans mon sac trop lourd, il y a un livre, un baladeur, un journal intime, des stylos qui n’écrivent plus, des zippos vides, du tabac, des cigarettes dans une boîte Marilyn, des mouchoirs en papier zébrés offerts il y a bien longtemps par miss immature pour “pleurer avec élégance”, un répertoire téléphonique plein de numéros qui n’existent plus, des post-its avec des listes de choses à faire, que je ne consulte jamais…

Dans le premier tiroir du bureau, il y a des listes de disques à acheter, elles s’allongent depuis des années, car à moins de devenir milliardaire, je n’aurais jamais tout. Il y a aussi les lettres écrites à ma mère, à chaque dispute, datant de tous les moments où je me suis heurté à elle… Dedans, il y a des mots qui racontent mon amour pour elle, qui parlent à ma place pendant toutes ces journées où je restais silencieuse et boudeuse au lieu de m’excuser. Depuis 12 ans, j’en ai accumulé plus de 100, qu’elle ne lira probablement jamais, même si sans doute j’espère vaguement qu’un jour elle les trouvera.

Dans le deuxième tiroir, il y a les journaux intimes, les correspondances, les poèmes, les nouvelles, tout ce que j’écris depuis 15 ans. Et puis sur le dessus, un classeur de philo les camoufle, afin de tromper le curieux qui déciderait de s’y aventurer.

Dans le troisième tiroir, c’est la place des dessins rarement achevés, des photos compromettantes, des boîtes à souvenir pleine de petits trucs plus ou moins ridicules, qui n’ont de signification que pour moi. La peinture et les crayons à papier sont soigneusement disposés à côté.

Dans la penderie, il y a du rouge et du noir exclusivement, ça fait rire les visiteurs. Sur l’étagère d’en dessous, il reste les traces honteuses de mes différentes phases vestimentaires : T shirt anarchy clouté avec une Reine d’Angleterre défigurée, collants fantaisistes à rayure et à damiers, périodes punk rock goth et pop confondues. Tout au fond, bien cachés, se trouvent les CD à ne pas montrer, ceux que j’écoutais quand j’avais moins de 14 ans et dont je n’arrive pas tout à fait à me débarasser, même s’ils prennent la poussière depuis des années. Encore plus loin, c’est la place des caricatures très méchantes des personnes que je ne connaissais pas encore assez. C’est une habitude chez moi, de voir les défauts avant les qualités.

Sur la première étagère de la commode, il y a les “inclassables”, les listes de choses à faire avant de mourir de quand j’étais adolescente, des classeurs consacrés à tout ce que j’aimais, aux diverses idoles en particulier, les chanteuses de rock et les actrices torturées auxquelles je voulais tellement ressembler…

Si je devais faire l’inventaire de tout ce que je dissimule dans des tiroirs et dans des boîtes, j’y passerais des heures. J’ai souvent eu le fantasme de tout jeter, de vider la pièce, afin de repartir à zéro sans les traces matérielles des souvenirs. Et puis un jour, hier soir exactement, j’ai tout ouvert, tout fouillé, j’ai souri parfois, j’ai eu les larmes aux yeux à d’autres moments, mais je n’ai pas eu envie de m’en débarasser.

S’apercevoir que j’ai changé à l’époque même où j’étais certaine d’être définitivement bloquée dans la case “dépression” - se rendre compte que mes parents si géniaux ne savent pas forcément tout et qu’il y a même des domaines où je m’avère plus brillante qu’eux - réaliser qu’il est possible de se supporter sans avoir à imiter Nico - cesser de rêver de lobotomie en comprenant que chaque échec, même le plus douloureux, a eu son importance - et alors s’apercevoir que le tout que je suis à l’heure actuelle ne me déplaît pas tant que ça…

J’en viens presque à me demander comment tout m’a paru un jour aussi compliqué, pourquoi j’étais certaine qu’être à la fois aimée et amoureuse n’arrivait qu’aux autres, de quelle manière j’ai pu me haïr pendant aussi longtemps… En 1994, en lettres capitales, j’avais écrit : “JE NE VEUX JAMAIS VIEILLIR”. Je suis contente de ne plus avoir 14 ans. A 24 ans, il était grand temps.

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(28.10.04 01:24)
Savoure ce calme après la “tempête” ;-) Comme un bateau qui rentre au port, tu t’es peut-être enfin trouvée ou tout du moins as-tu sans doute réconciliée celle que tu es et celle que tu voulais être.
*Llyn va aller dormir parce qu’elle s’emmêle dans ce qu’elle veut dire* Désolée pour cette intrusion dans les commentaires.

(28.10.04 01:32)
Llyn, je suis contente de te voir par ici…
C’est le moment d’accalmie.Je sais que je ne me suis pas trouvé, que j’en vivrais encore beaucoup des moments d’hystérie ou de désespoir, mais je crois, en effet, que j’ai réconcilié celle que je suis et celle que je voulais être. C’est exactement ça. Bonne nuit alors, n’hésite pas à repasser :-)

immature (28.10.04 15:57)
je ne te connaissais pas sous ce jour là…

(30.10.04 16:57)
Je suis juste heureuse de voir que tu vas mieux et que tu peux affronter l’avenir plus sereinement qu’il y a quelques temps. Garde tes vieux CD, un jour tu seras contente de les réécouter. :-)

(31.10.04 17:07)
immature : tu ne m’as jamais connu amoureuse… ou alors de trop loin.
azuregirl : :-) pis dans le lot, je crois bien qu’il y en a qui te plairaient…

(31.10.04 17:15)
Autrement dit, c’est de la bonne pop des 80s, bien commerciale mais qui me rend tellement nostalgique aujourd’hui quand je revois des vieux clips. :-)

(31.10.04 20:26)
C’est étrange, hier, moi aussi j’ai fouillé dans mes tiroirs et j’ai relu les lettres que j’écrivais à mes copines y à 3-4 ans …
Pour cette coincidence et parce que je suis dans des blogs pref : Un bonbon

(1.11.04 15:33)
tu es amoureuse!!!!!!! waaah le scoop, je suis contente…

(2.11.04 22:53)
azuregirl : exactement ! :-)
Aemathien : merci pour le bonbon. Pour les blogs préférés, je te remercie d’avoir cité élogieusement un autre de mes blogs, c’est ainsi que j’ai découvert le tien.
immature : :-)

Joe el Misterioso / Site web (29.11.04 00:44)
hmmm, de toute façon il ne faut jamais avoir honte d’avoir été jeune et naif… il vaut mieux ça que d’être vieux et con.
Puis je pense que ça n’interesse personne, mais j’ai des trucs écrits par moi-même dans mon ancien pays (Chili) en 1975. Entre autre, ça peut permettre de ne pas oublier certaines choses…
Un bonjour de Montpellier.

(29.11.04 23:10)
sans doute oui… “jeune con de la première averse, vieux con des neiges d’antan” disait Brassens. J’ai tendance à penser que c’est les jeunes cons qui font de vieux cons. Ecrire pour garder la mémoire, des fois je doute de l’efficacité que ça peut avoir, mais dans ton cas j’imagine, oui. J’aime bien la musique de ton blog. Bonjour de Lyon.

Joe el Misterioso / Site web (30.11.04 08:06)
Oui, tout à fait, je cotoie parfois des jeunes (20 ans) qui ont leur vie déjà toute tracée et vivent presque comme s’ils étaient en pré-retraite, l’horreur…
Mes écrits c’est surtout car c’était sous Pinochet, et aussi par rapport à la langue hispanique, que je pratique très peu actuellement = en France depuis 1978.
à plus…

you’re no rock’n'roll fun

Elle m’a trouvé, pleurant devant la litière renversée par terre du chat, assise au milieu des granulés, et elle s’est mise à rire avant de me prendre en photo “il faut que tu te voies”. Il y a une fille avec des collants violets fluo ridicules, le maquillage coulant, sa bouteille de despé se vidant sur ses docs délacées, mégot au bec, tellement consumé qu’il en brule les lèvres. Tellement grotesque. “tu ris ou tu pleures là ?” Les deux on dirait. Dans la rue, j’entends la pute se faire insulter par la serveuse d’un resto. “Moi je suis fière de ce que je suis, je te demande du respect, j’ai droit au respect”. Comme dans un mauvais film policier. Je vis dans une gigantesque parodie. Après avoir été un cliché ambulant, je suis devenue une parodie ambulante.

“Tu te rappelles, quand disais sur un ton lyrique : il faut vivre dangereusement !, que tu étais prête à n’importe quoi ?” Ce n’était pas de moi ma chérie, je citais ce philosophe constamment. J’ai des crises d’angoisses rien qu’à l’idée de sortir de chez moi, tachychardie - mains moites - jambes flageolantes, tout y est dés que j’ouvre la porte. Ah oui, on peut vraiment dire que je me mets en danger. “Et quand tu disais…” Mais tu sais, tout ça ne voulait rien dire, c’était juste pour t’impressionner. En vrai, ma vie est (devenue ?) aussi terne et insupportable qu’un disque de Pascal Obispo. Il y a des faux sentiments et un décor sirupeux, des images passées à la moulinette dans l’espoir d’en garder quelque chose.

J’aime bien les mi-choco et les bouteilles de coca cola gélatinées, le crunch et le coca light, l’eau brûlante et les bains moussants, ses fossettes, les taches de peinture dans sa main, le papa qui faisait courir son petit garçon sous la pluie afin qu’il rit, la ligne de métro sans chauffeur et l’atmosphère tamisée des cafés… j’aime bien tous ces détails et beaucoup d’autres. Mais au risque de te décevoir, je suis loin d’être la marginale que tu vois en moi, des risques je n’en prends plus vraiment finalement. “T’étais plus rock’n'roll à l’époque où…” Depuis que j’ai vu mes limites, j’ai surtout envie de boire un thé brulant tapie sous ma couette, bien plus que d’enchaîner nuits blanches et séchage de cours pour faire des conneries avec toi. “Pourquoi tu me dis tout ça maintenant ?” Parce que j’ai l’impression que tu m’aimes pour de mauvaises raisons.

cocorosie

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(25.10.04 02:30)
Aucune rapport avec la note mais comme je trouve pas le LO je post ici ma connerie :
L’indécise <= Bon pseudo pour une fille !!! D

(25.10.04 02:34)
:-)

–ko (25.10.04 11:00)
Ah, je te retrouve Xyphord, le métalleux qui dort par terre. ;-)
Sinon, je voulais juste te dire que tu as tapé dans le 500. Pas dans le 1000, juste le 500.

guybrush / Site web (25.10.04 11:40)
Oh Coco rosie… J’aime beaucoup.
Sinon, le thé brulant, c’est très rock’n'roll.

(25.10.04 12:10)
ko : qui a tapé dans le 500 ? moi ? Non, je n’ai visé aucune cible.
guybrush :
;-)
Voui, c’est bien Coco rosie, comme beaucoup de choses du label Touch and go d’ailleurs.
(tiens, tous les habitués de l’autre blog commencent à arriver ici…)

–ko (25.10.04 16:15)
Peut-être, mais quand même. Post salvateur.

(25.10.04 18:34)
Encore une qui a attrapé l’adultite ! (l’autre jour c’était Immature). Mais si rock’n'roll veut dire faire n’importe quoi et gacher ses chances, alors mieux vaut être rhythm’n'blues, non ? :-)

(25.10.04 19:05)
Immature et moi nous sommes souvent sur la même longueur d’onde :-)
Mais en fait, pour être sincère, ce n’est ni du rock ni du ryhtm’n'blues que j’écoute en ce moment mais… encore pire… de la musique classique ! Je crois l’adultite me gagne sérieusement. Tu as raison, ce n’est pas plus mal. Mais je vais quand même aller m’écouter un bon disque punk pour empêcher le virus de s’étendre trop rapidement. ;-)

(25.10.04 19:54)
Xyphord alerté pas le mot “Punk” ce met tout a coup un morceau des Clash dans les oreilles …
damdam domdom domdom damdam
YOUH !

(27.10.04 00:53)
;-)
Ton interprétation n’est pas aussi géniale que l’original, mais il y a tout de même des ressemblances avec l’effet que peut me faire un morceau des Clash.

(28.10.04 02:43)
normal il parait ke je chante comme un roumain membre de boys band :p